La campagne, l'hiver, c'est pour les connaisseurs!
Cette année, pour les vacances de février, au lieu du coûteux séjour au ski, la Parisienne a réservé un gîte en pleine Creuse.
Après un voyage plus long que prévu (le GPS n’a pas du tout réussi à localiser « le chemin des Ronces » dans le lieu-dit Hameau-du-Bois-Joli) et quelques péripéties (le cadet a vomi le sandwich saumon-crudités du restoroute), la famille arrive à destination.
En descendant du 4 x 4, la Parisienne ordonne : « Respirez ce bon air et ce silence… Écoutez ce silence ! » Un rugissement brise son enthousiasme, c’est le voisin qui tronçonne ses arbres. « Ça va passer », promet-elle. En fait, le jardin du voisin est très grand, ou ses arbres sont très hauts, car ils entendront la tronçonneuse vrombir tous les jours.
Une communication très décevante pour le département
Il pleuviote, le gîte est humide et meublé en Conforama marron des années quatre-vingt, les enfants, le nez dans leur Nintendo, s’inquiètent : « Il n’y a pas la TNT ! » Une demi-heure plus tard, c’est la Parisienne qui peste à voix basse devant son ordinateur portable : « Il n’y a pas le wifi, ils m’avaient dit qu’il y avait le wifi, heureusement, j’ai la clé trois G, ah non, ça passe pas… » Le voyage a épuisé le mari, qui ronfle sur le canapé du séjour.
Huit jours plus tard, la Parisienne a les cheveux en bataille (elle a renoncé aux brushings à cause de l’humidité), les enfants ont le teint moins blême, et le mari a presque l’air reposé (il n’a fait que dormir). « C’est très rare qu’il pleuve six jours d’affilée », a juré le propriétaire du gîte avant d’ajouter : « La campagne, l’hiver, c’est pour les connaisseurs. »
Proposé par Anne Roumanoff