mercredi 8 septembre 2010

Retraites : une nouvelle grève le 23 septembre

Réunis depuis 15 heures au siège de la CGT à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, six syndicats (CGT-CFDT-CFTC-CFE/CGC-FSU-Unsa) ont décidé vers 18 heures d'une nouvelle «journée de grèves et de manifestations» le 23 septembre. Des actions seront par ailleurs menées le 15 septembre. Solidaires et FO n'ont pas signé cet appel.

Réforme des retraites : Sarkozy apporte quelques retouches

Les aménagements de la réforme des retraites proposés par Nicolas Sarkozy ont été jugé insuffisants ce mercredi. Ils «ne modifient pas le caractère injuste et inacceptable de la réforme». Les syndicats pouvaient s'attendre à mieux, forts de la mobilisation massive de mardi lors de la journée nationale contre le projet du gouvernement.


Les six organisations «appellent à faire du mercredi 15 septembre, jour du vote par les députés du projet de loi, une journée forte d'initiatives et d'interpellations des députés, des membres du gouvernement et du président de la République dans les départements et les circonscriptions». D'après le calendrier actuel, le débat au Sénat débutera le 5 octobre, avant une adoption définitive à la fin du mois.

FO dans «l'unité d'action»

Michèle Biaggi, la secrétaire confédérale de FO, a toutefois précisé que «ce n'est pas parce qu'on n'est pas signataire du texte qu'on n'est pas dans l'unité d'action». Elle a justifié la position du syndicat par le fait «qu'il faut retirer» le projet gouvernemental. Elle avait proposé à l'intersyndicale «une journée de grève franche et interprofessionnelle». Avant l'intersyndicale, le secrétaire général du syndicat, Jean-Claude Mailly avait qualifié sur TV5-Monde de «mesurettes» les annonces de Nicolas Sarkozy. Il souhaite «que le gouvernement passe le turbo et accepte de rentrer dans une logique» autre que celle du plan d'austérité».

Pour sa part, Solidaires prendra position sur les nouvelles initiatives décidées par l'intersyndicale lors d'un Bureau national jeudi. Sa porte-parole, Annick Coupé, espérait «un nouvel appel à une journée de grèves et de manifestations la semaine prochaine», car «une dynamique s'est créée» pour «rebondir rapidement» après le succès de mardi.

La CFDT : les mesures «ne règlent pas les problèmes de fond de la réforme»

Le numéro deux de la CFDT Marcel Grignard a justifié le calendrier de l'intersyndicale en affirmant qu'il était «extrêmement compliqué et très risqué de recommencer dans une semaine» une initiative comme celle du 7 septembre. «Un peu de temps donne un peu plus de chances de réussir» les prochaines mobilisations comme celle du 23 septembre», a-t-il dit.


Pour cette centrale syndicale, les concessions du chef de l'Etat «ressemblent à du bricolage», et «ne règlent pas les problèmes de fond de la réforme», qui prône une retraite «à la carte», permettant «d'enregistrer les droits de retraite acquis mais aussi de faciliter les départs progressifs ou de permettre d'effectuer des pauses tout le long du parcours professionnel».

«A ce jour, les légères améliorations présentées par le président de la République ne règlent pas les problèmes de fond de la réforme», déplore le syndicat, qui «refuse toujours de réduire la question de la pénibilité à celle de l'incapacité». Il regrette aussi que pour «les polypensionnés, le président de la République affiche un objectif, mais aucune modalité pour l'atteindre».

La CFE-CGC inquiète quant à la garantie des retraites

Le syndicat de cadres CFE-CGC «apprécie ces avancées pour les personnes concernées», tout en soulignant que «ces évolutions représentent un milliard d'euros, sans qu'aucune nouvelle recette ne soit prévue». «Cela rend caduc le plan de retour à l'équilibre et confirme que les pensions des actuels et futurs retraités ne sont pas garanties», poursuit le texte. «Comme le souligne ce jour la Cour des comptes, il est indispensable d'agir sur le levier des retraites à travers l'élargissement de l'assiette de certains prélèvements», ajoute la CFE-CGC.

Ce syndicat, qui estime aussi ne pas avoir été entendu sur l'égalité salariale, la prise en compte de périodes en entreprise pendant la formation initiale, le taux d'emploi des seniors, «appelle l'ensemble des salariés à augmenter leur mobilisation pour bâtir une vraie réforme qui réponde aux problèmes posés».

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