lundi 12 mai 2008


Les riverains de la rue Berthelot de Moulins ont certainement frémi dans leur lit. Et les clients du Pressoir, une boîte de nuit locale, ont eu très peur en cette nuit du samedi 3 au dimanche 4 mai.

Que s'est-il passé dans la tête de Mehdi Chaoufi, ce jeune Moulinois de 24 ans à peine ? C'est la question à laquelle ont essayé de répondre les magistrats lors de la présentation du jeune homme devant eux dans le cadre d'une comparution immédiate.
Après avoir passé le début de la soirée avec des amis à boire de l'alcool, Mehdi Chaoufi est rentré chez lui et a continué à boire. En état d'ébriété, il décide d'aller en boîte de nuit. Il se présente au Pressoir, un établissement de nuit installé rue Berthelot, à Moulins. Constatant son état manifeste d'ivresse, le videur de la boîte de nuit refuse de le laisser entrer.
Je me suis senti humilié
Ce qui a le don de mettre le jeune homme dans une colère noire. « Je me suis senti humilié. Je n'ai pas aimé la façon dont il m'a parlé. Franchement, je n'ai pas réfléchi, il m'avait mis en colère. » Prenant le volant du véhicule d'une rencontre de passage, « Je l'ai rencontré devant la boîte, il était par terre. Je lui ai demandé s'il était véhiculé et il m'a passé les clefs de sa voiture. J'ai foncé aux Chartreux pour récupérer mon pistolet. » Il se couvre la tête d'une cagoule et se présente de nouveau devant le Pressoir. Armé cette fois. Le procès-verbal fait mention de six coups de crosse sur la porte. Et surtout d'un coup de feu tiré en direction de l'établissement de nuit. « Je voulais qu'ils me voient avec la caméra, je voulais faire du bruit, juste les impressionner. » Mais même cagoulé, il a été reconnu puisque vêtu des mêmes habits. Avant de partir, il donne deux coups de genou et un coup de crosse à un jeune homme qui était simplement assis là. Des faits dont Mehdi Chaoufi ne se souvient absolument pas. En revanche, il se rappelle parfaitement comment il est revenu des Chartreux, et comment le véhicule qu'il conduisait a rendu l'âme à proximité de Monoprix. Mais la façon dont la voiture s'est enflammée, pas de souvenirs. Une enquête devrait le déterminer.
Après avoir tiré, il prend la fuite à pied, suivi par le gérant de la boîte de nuit, qu'il pointe avec son arme, heureusement vide. Puis ce sont les policiers qui le poursuivent. Mehdi Chaoufi se tourne à nouveau vers eux, l'arme à la main, mais pointée vers le sol. Il est interpellé. Commence alors pour lui les invectives en direction d'un gardien de la paix : « Je vais te retrouver. Si je suis en prison, j'enverrais quelqu'un s'occuper de ta femme et de tes enfants. » De cela non plus, il ne se souvient pas.
Deux ans de prison
Une mémoire sélective qui n'est pas du tout du goût de la procureure de la République Stéphanie Gaumet. Qui, elle, se souvient bien de la précédente condamnation de Mehdi Chaoufi pour des faits similaires de violence. Condamnation qui s'était soldée par une peine de prison avec sursis.
« Vous êtes sous le coup d'une récidive légale. Je demande donc la révocation de votre sursis, ainsi qu'une peine de prison de deux ans dont un an avec sursis, une obligation de soins pour l'alcool, une interdiction de fréquenter le Pressoir. »
Le tribunal l'a suivie en partie. Le jeune homme est reparti directement du tribunal en prison, pour deux ans, dont six mois avec sursis et trois ans de mise à l'épreuve avec obligation de soin, de travailler, d'indemniser les victimes et 1000 euros de réparation. À sa sortie prison, il n'aura pas le droit de fréquenter les débits de boissons et sera interdit d'entrée du Pressoir.