samedi 31 janvier 2009

pour vous aidez dans la cacophonie de la future école

Les mensonges de la réforme de l’école primaire
Les enseignants de l’école primaire rejettent dans leur immense majorité la réforme Darcos. Mais pourquoi cette nouvelle réforme de l’école fait-elle l’unanimité contre elle ?
L’argument premier de cette réforme est de lutter contre l’échec scolaire. Voici une cause qui devrait pourtant entrainer l’adhésion du monde enseignant. Mais derrière de belles paroles se cache une réalité bien plus sombre :
La réforme a entrainé un alourdissement des programmes, le recentrage sur les matières fondamentales a consisté essentiellement à supprimer du contenu en histoire, géographie, en sciences et dans les matières artistiques, et à en ajouter en mathématiques, français et langues étrangères.
Ce programme plus lourd doit être effectué en moins de temps, la durée d’enseignement hebdomadaire ayant été réduite par la suppression du samedi matin.
La mise en place de 2 heures de soutien hebdomadaire pour aider les élèves en difficulté est le prétexte pour supprimer les RASED, dont la vocation n’a jamais été de faire du soutien.

Les suppressions de postes vont rendre l’enseignement plus pénible (plus d’élèves par classe, non remplacement en cas de maladie, absence de formation professionnelle)
les attaques répétées contre la maternelle augurent mal quant à son avenir. La scolarisation des 2 ans sera déjà fortement réduite à la rentrée 2009 et est promise à disparition. L’avenir de la petite section, très incertain, est dans la ligne de mire de la prochaine réforme.

Il apparait alors que la lutte contre l’échec scolaire est un nuage de fumée destiné à masquer les objectifs réels de la réforme : faire des économies.
Pour faire des économies dans un ministère dont le budget consiste essentiellement à payer ses employés, il faut réduire la masse salariale. On voit alors apparaître derrière chaque ligne de la réforme, un moyen de réduire les coûts :

La réduction de la durée hebdomadaire conduit par effet secondaire à la suppression des RASED.

La suppression de la scolarisation des 2 ans va réduire les effectifs des maternelles et conduire à des fermetures de classes. Les menaces sur la petite section vont dans le même sens, mais à une échelle bien plus grande.

La suppression des IUFM va permettre de ne plus rémunérer pendant 1 an la formation des futurs enseignants reçus au concours de professeur des écoles.

Le recrutement au niveau master permet de reculer d’un an l’entrée dans la vie active des enseignants et donc de reculer d’un an l’âge de la retraite à taux plein.

Et pendant ce temps là, que deviennent les élèves en difficulté ?
Il faut faire la différence entre deux types de cas :

les élèves qui rencontrent des difficultés ponctuelles dans leur études (par exemple pour maitriser le passé composé si cher à M.Darcos). Ceux-ci continueront à être aidés par leur enseignant, sur temps scolaire où hors temps scolaire (en soutien). Contrairement à ce que dit M. Darcos, ce type de difficulté n’a jamais été pris en charge par le RASED. On peut penser que M. Darcos connait son sujet et qu’il ment donc en toute connaissance de cause. ([voir la vidéo de M. Darcos à l’assemblée->http://www.youtube.com/watch ?v=jaXMYYbRr_4])

les élèves en difficultés lourdes, comportementales ou psychologiques (incapacité à trouver sa place en tant qu’élève dans l’école, absence de motivation pour apprendre, incapacité à appréhender une notion par des moyens classiques, comportement dangereux...). Ceux-là vont être abandonnés à leur sort, c’est à dire abandonnés dans leur classe sans aide spécialisée. L’enseignant se retrouvera alors devant la double difficulté de gérer cet élève en souffrance tout en faisant cours au reste de la classe. Une équation sans solution.

Alors certes, l’éducation coûte cher et il n’est pas interdit de penser qu’il est possible de faire mieux. Mais la remise en cause du système éducatif français mériterait un grand débat national et non ce sabordage en catimini.

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